j’aime—jamais ça ne s’arrête

installation /”vidéos-poèmes” /boucle de 13 min
résidence de création à la Maison des Arts de St Herblain /2012

Il y a une histoire de cumul puis de vide et d’effacement, comme la neige qui recouvrit Robert Walser, l’écrivain dont je tire les lettres,les mots,
les phrases qui s’amoncellent puis disparaissent sur le mur de projection.
Walser, c’est l’écrivain des choses petites, délicates et belles…
Celui qui trace finement certains de ses textes au crayon sur de simples bouts de papiers, d’une écriture minuscule.
Ces « microgrammes » qu’il appelait le « territoire du crayon », résonnent en moi comme autant de haïkus,précieux, fins, espiègles, piquants.

Il y a aussi quelque part une histoire de traduction, de transcription, patiente.De l’allemand au français, du français au langage informatique,
du langage informatique à l’image vidéo.Ou bien du bout de papier au livre, du livre à l’image animé.

Lors de la résidence de création qui m’a amené à creuser cette forme j’ai demandé à une chanteuse lyrique et un saxophoniste,
le temps de quelques répétitions et d’une projection-performance, de composer une sorte d’improvisation musicale live.
Le résultat est cette installation vidéo, boucle de 13 min qui, muette ou en bribes de sons, tente d’être un essai de vidéo-poème.
Un essai comme la poésie sonore en est un autre, de sortir la poésie des livres, qu’elle se tienne debout, face à nous, autour de nous.

Tous les textes de la vidéos sont une libre interprétation et imbrication de poèmes tirés des « Microgrammes » de Robert Walser
La bande son est un montage tiré des enregistrements live d’Isabelle Blin et Yann Théophage
Création / animation/montage Marie Pierre Groud – Résidence de création / Maison des Arts de St Herblain – 2012